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Décoincés du Crayon

Apprendre à dessiner simplement Tu sais déjà dessiner. Ce qui bloque est ailleurs.

Un rond, un trait, un rectangle : tu les traces depuis l’école. Le dessin d’idées ne demande rien de plus. Ce qui retient la main, c’est autre chose, et c’est ce qu’on va regarder ici.

  • Dessiner
  • 2 octobre 2026
  • 3 min de lecture
Des pages de carnets couvertes de pictogrammes et de personnages dessinés par des participants du bootcamp

Le dessin d’idées n’est pas le dessin d’art

Quand on dit « je ne suis pas à l’aise avec le dessin », on pense au dessin d’art : la perspective, les proportions, la ressemblance. Le dessin d’idées n’a rien à voir. Il ne cherche pas à représenter le monde, il cherche à faire comprendre quelque chose à quelqu’un.

Un bonhomme en bâtons qui lève les bras dit « quelqu’un est content ». Personne ne vérifie s’il a cinq doigts. Une flèche entre deux cadres dit « ceci entraîne cela ». Personne ne mesure si elle est droite.

Le critère change tout : on ne te demande pas si c’est beau, on te demande si c’est lisible.

Ce que tu sais déjà tracer

Fais le compte. Tu sais tracer :

  • un rond ;
  • un trait ;
  • un rectangle ;
  • un triangle ;
  • un point.

Les cinq formes de base tracées à la main sur une page pointillée du cahier d’exercices : un carré, un rond, un triangle, un trait et un point

Ce sont les formes de base. Tout le reste en découle.

Trois pictogrammes, pas à pas

Regarde comment une ampoule, un drapeau et un réveil se construisent. Chacun part d’une seule forme, et on ajoute un trait à la fois.

Trois pictogrammes construits en quatre étapes : une ampoule à partir d’un petit rectangle, un drapeau à partir d’un trait, un réveil à partir d’un rond

  • L’ampoule : un petit rectangle pour le culot, un filament, puis la bulle de verre. Quelques traits autour, et elle s’allume.
  • Le drapeau : un trait pour le mât, une boule en haut, puis le tissu. Un peu d’herbe au pied, et il est planté.
  • Le réveil : un rond, deux aiguilles, deux cloches. Quelques arcs de cercle, et il sonne.

Aucune de ces étapes ne demande plus qu’un rond, un trait ou un rectangle. Le vocabulaire visuel tient en six éléments, et chacun d’eux n’est qu’un assemblage de ces formes de base.

Alors, qu’est-ce qui bloque ?

Presque jamais la main. Ce qui bloque, c’est :

  • Le regard qu’on imagine. On se voit jugé avant d’avoir tracé quoi que ce soit.
  • Le souvenir de l’école. Quelqu’un a dit un jour que le dessin n’était pas fait pour toi, et tu l’as cru.
  • La comparaison. On regarde une fresque impressionnante et on oublie qu’elle est faite des mêmes ronds et des mêmes traits.
  • Le manque de pratique. Tu as peut-être déjà suivi une formation ou acheté un carnet. Puis le quotidien a repris le dessus, et la main s’est rouillée.

Aucun de ces obstacles n’est technique. Et c’est une bonne nouvelle : un blocage qui n’est pas technique ne se règle pas avec des années d’apprentissage. Il se règle en traçant.

Ce qui décoince

Trois choses, dans cet ordre.

  1. Tracer mal, tout de suite. Le premier trait est le seul qui coûte. Un bonhomme raté fait plus avancer que dix tutoriels regardés.
  2. Tracer avec d’autres. Quand un groupe entier dessine la même forme en même temps, plus personne ne regarde la feuille du voisin.
  3. Tracer souvent. Un peu chaque jour, plutôt que beaucoup une fois. C’est le sujet du chapitre 2.

Personne n’est nul en dessin. On est seulement coincé du crayon.

Écrit par Nicolas Verdot, facilitateur graphique. Publié le 2 octobre 2026.

Les questions qu’on se pose

En bref.

Faut-il un don pour dessiner ses idées ?

Non. Dessiner une idée, c’est assembler des formes simples que tout le monde sait tracer. Ce n’est pas du dessin d’art : on cherche à être compris, pas à faire beau.

Je dessinais avant, mais je suis rouillé. Par où reprendre ?

Par des formes simples et des séances courtes. Dix minutes par jour valent mieux qu’une heure de temps en temps. Le trait revient vite quand on le sollicite souvent.

Pourquoi est-ce plus facile en groupe ?

Parce que le blocage tient surtout au regard qu’on imagine. Quand tout le monde trace le même bonhomme maladroit en même temps, ce regard disparaît.

Pour passer le cap

Le premier trait se fait mieux à plusieurs.

Le bootcamp « Décoince ton crayon », c’est une demi-journée en ligne, en groupe, feutre en main. On y dessine ensemble les six éléments, sans jugement.