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Décoincés du Crayon

Le sketchnoting, expliqué

Prendre des notes qu’on relit vraiment.

Le sketchnoting, c’est noter avec des mots et des dessins simples, en même temps. Pas pour faire joli : pour comprendre pendant qu’on écoute, et pour retrouver l’idée trois mois plus tard. Aucun talent de dessinateur n’est requis — cinq formes suffisent.

  • ✏️ Cinq formes à connaître
  • 📄 Une feuille, un stylo
  • 🚫 Aucun prérequis en dessin

La définition

Ce que c’est,
en une page.

Tu écoutes quelqu’un parler. Au lieu de transcrire ses phrases, tu attrapes les idées et tu les poses sur la page : un mot-clé dans un cadre, une flèche vers sa conséquence, un bonhomme pour dire qui est concerné, un titre écrit gros pour que la page se lise d’un coup d’œil.

Le tri se fait pendant, pas après. C’est toute la différence avec une prise de notes classique, où l’on écrit d’abord et où l’on comprend — parfois — en relisant. Ici, il faut avoir compris pour pouvoir dessiner. C’est plus exigeant sur le moment, et infiniment plus rentable ensuite.

Le mot vient de l’anglais sketch (croquis) et note. On dit aussi « note visuelle » ou « prise de notes visuelle » — c’est la même chose.

À quoi ça sert

Quatre moments
où ça change tout.

En réunion

Tu suis et tu tries en même temps. À la fin, tu as une page qui tient, pas trois pages de phrases que personne ne relira — toi le premier.

En formation

Dessiner une idée oblige à la comprendre avant de la noter. C’est pour ça qu’on retient : le tri s’est fait pendant, pas après.

Pour penser seul

Un problème posé à plat sur une page se regarde autrement qu’une liste. On voit les liens, les trous, et ce qui n’a rien à faire là.

Pour transmettre

Une note visuelle se partage et se comprend sans toi. Un compte rendu écrit, il faut l’avoir vécu pour le décoder.

La confusion la plus fréquente

Sketchnoting ou
facilitation graphique ?

Sketchnoting

Pour toi,
sur ton carnet.

Format A5 ou A4. Tu notes pour comprendre et pour te souvenir. Personne d’autre n’a besoin de lire la page.

Facilitation graphique

Pour le groupe,
sur le mur.

Paperboard ou fresque. Tu dessines pendant que le collectif travaille, et ce que tu traces sert à la discussion en cours.

Le geste de base est le même — ce sont les mêmes cinq formes. Ce qui change, c’est la taille, le public, et la pression. On apprend presque toujours dans cet ordre : le carnet d’abord, le mur ensuite.

Le vocabulaire minimum

Cinq formes,
et c’est tout.

  • 01

    Le cadre

    Un rectangle, et l’idée devient un objet qu’on peut déplacer du regard.

  • 02

    La flèche

    Elle dit la cause, la suite, le retour. À elle seule, elle raconte.

  • 03

    Le bonhomme

    Un rond, cinq traits. Il suffit à dire qui fait quoi, et à qui ça arrive.

  • 04

    La bulle

    Elle sépare ce qui est dit de ce qui est fait. Deux registres, un seul dessin.

  • 05

    Le titre

    Écrit gros, il hiérarchise la page. C’est le geste le plus rentable des cinq.

Si tu sais tracer un rectangle et une flèche, tu as déjà de quoi sketchnoter une réunion entière. Ce qui s’apprend ensuite n’est pas le dessin : c’est de décider, en temps réel, ce qui mérite d’être noté.

Par où commencer

Le premier trait,
c’est le seul qui coûte.

Personne n’abandonne le sketchnoting parce que les explications manquaient. On abandonne parce qu’on ne pratique plus — et on ne pratique plus parce qu’on ne sait pas quoi dessiner devant une page blanche.

D’où l’ordre que je recommande : débloquer le trait en groupe, puis entretenir le geste seul, avec un support qui décide à ta place de l’exercice du jour.

Les questions qu’on se pose

Ce qu’on me demande
le plus souvent.

Le sketchnoting, c’est quoi exactement ?

Une prise de notes qui mélange mots, dessins simples et mise en page. On écoute, on trie au vol, et on pose sur la page ce qui compte — sous forme de mots-clés, de cadres, de flèches et de petits croquis. Le but n’est pas de produire un joli dessin : c’est de comprendre pendant qu’on note, et de pouvoir relire après.

Faut-il savoir dessiner ?

Non, et c’est le malentendu qui arrête tout le monde. Le sketchnoting utilise cinq ou six formes — un rectangle, une flèche, un rond, une bulle, un trait — que tout le monde sait déjà tracer. Ce qui s’apprend, ce n’est pas le trait : c’est quoi noter et quoi laisser tomber.

Quelle différence avec la facilitation graphique ?

Le sketchnoting est individuel et petit format : ton carnet, ta page, ta compréhension. La facilitation graphique est collective et grand format : un mur, un paperboard, devant un groupe qui travaille. Le geste de base est le même, le métier ne l’est pas. Le détail du vocabulaire — scribing, graphic recording, facilitation visuelle — est expliqué dans ce lexique.

Quel matériel faut-il pour commencer ?

Une feuille et un stylo noir. Vraiment. Un second feutre gris et un feutre de couleur suffisent ensuite pour hiérarchiser. Tout le reste est du confort — et le confort attend que l’habitude soit prise. Le guide du matériel détaille ce qui vaut le coup, et ce qui peut attendre.

Faut-il un logiciel ou une tablette ?

Non. Le papier est plus rapide à sortir, ne tombe jamais en panne de batterie et ne propose pas de notification pendant que tu notes. Une tablette devient utile plus tard, quand tu veux corriger, dupliquer ou partager — pas pour apprendre.

Combien de temps pour être à l’aise ?

Quelques heures pour arrêter d’avoir peur de la page, quelques semaines pour que ce soit un réflexe en réunion. Ce n’est pas une question de talent, c’est une question de répétitions — d’où l’intérêt d’un support qui décide à ta place de quoi dessiner chaque jour.