Pourquoi préparer
En réunion, tu fais trois choses à la fois : tu écoutes, tu tries, tu traces. C’est beaucoup. Tout ce qui est décidé à l’avance libère de l’attention pour l’écoute.
Et un modèle préparé rassure le groupe : il voit tout de suite où la séance veut aller.
La méthode en cinq étapes
- Pars de la question. Qu’est-ce que le groupe doit avoir produit à la fin ? Une liste, un choix, un plan ?
- Choisis la structure. Elle découle de la question, pas de ton envie de dessiner.
- Trace au crayon. Les grandes zones, légèrement. De loin, le crayon ne se voit pas.
- Repasse au marqueur le titre, les cases et les intitulés. Ajoute un ou deux pictogrammes.
- Laisse vide. La tentation est de trop remplir. Les cases vides sont une invitation.
Un exemple : l’agenda et la route

Ce panneau ouvre une journée de travail. Il s’inspire du modèle OARRs de David Sibbet : avant de commencer, on montre au groupe les résultats attendus, l’agenda, les rôles et les règles. Tout tient sur deux feuilles, tracées la veille.
À gauche, l’agenda. Dix étapes, numérotées sur des flèches jaunes. Le groupe sait où il en est à tout moment, et tu peux pointer l’étape en cours.
À droite, la route. Une route qui monte vers un soleil. C’est une métaphore, et c’est elle qui récolte tout le reste :
- Au bout de la route, le soleil : le succès de l’atelier. Ici, « définir notre ligne directrice », « mieux nous connaître », « poser un cadre de fonctionnement ».
- Le long de la route : les règles du jour. Ici, « parler avec intention », « écouter avec attention », « être focus », « bienveillance et curiosité ».
On fait dire ce qu’on veut à une métaphore. Sur la même route, tu peux demander au groupe :
- ce qu’on espère trouver à l’arrivée ;
- ce qu’on veut trouver en chemin ;
- ce qu’on ne veut pas trouver en chemin ;
- ce qu’on emporte dans le sac à dos.
Tu traces la route et le soleil à l’avance. Les mots, eux, viennent du groupe : tu les écris pendant qu’il les donne, ou chacun vient coller sa note.
Quatre modèles qui servent partout
Les colonnes
Deux, trois ou quatre colonnes avec un intitulé chacune. Pour comparer, trier ou faire un bilan : ce qu’on garde, ce qu’on arrête, ce qu’on essaie.
La ligne du temps
Une ligne horizontale, des jalons. Pour raconter un projet, préparer un planning ou revenir sur une année. On peut lui donner du relief en la dessinant comme un chemin avec ses montées et ses descentes.
Le centre et les branches
Le sujet au milieu, les idées autour. C’est la structure radiale, la plus facile pour explorer une question ouverte.
Le cycle
Quatre ou cinq étapes reliées en cercle. Pour un processus qui recommence, ou une démarche en plusieurs temps.
Le titre, en dernier et en gros
Le titre se lit depuis le fond de la salle. Écris-le en capitales, dans une bannière, et formule-le comme une question : « Que garde-t-on pour l’an prochain ? » plutôt que « Bilan ».
Une question au mur oriente la discussion mieux que n’importe quelle consigne.
Pendant la réunion
- Écris les mots des participants, pas les tiens. Ils doivent se reconnaître.
- Fais des phrases courtes. Trois ou quatre mots par idée.
- Relis à voix haute avant de passer à la case suivante. C’est là que les malentendus apparaissent.
Après
Photographie la feuille et envoie-la le jour même. C’est le compte rendu, et il est déjà fait.
Reste la question du matériel : ce qui vaut le coup, et ce qui peut attendre.
Écrit par Nicolas Verdot, facilitateur graphique. Publié le 2 octobre 2026.