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Décoincés du Crayon

Préparer un paperboard Le modèle tracé à l’avance fait la moitié du travail.

Ceux qui semblent dessiner sans effort en réunion ont presque toujours préparé leur feuille. Un titre, une structure, des cases vides : le groupe n’a plus qu’à remplir, et toi à écouter.

  • Animer
  • 2 octobre 2026
  • 3 min de lecture
Deux feuilles de paperboard préparées avant la séance : à gauche l’agenda en dix étapes, à droite une route qui monte vers un soleil levant

Pourquoi préparer

En réunion, tu fais trois choses à la fois : tu écoutes, tu tries, tu traces. C’est beaucoup. Tout ce qui est décidé à l’avance libère de l’attention pour l’écoute.

Et un modèle préparé rassure le groupe : il voit tout de suite où la séance veut aller.

La méthode en cinq étapes

  1. Pars de la question. Qu’est-ce que le groupe doit avoir produit à la fin ? Une liste, un choix, un plan ?
  2. Choisis la structure. Elle découle de la question, pas de ton envie de dessiner.
  3. Trace au crayon. Les grandes zones, légèrement. De loin, le crayon ne se voit pas.
  4. Repasse au marqueur le titre, les cases et les intitulés. Ajoute un ou deux pictogrammes.
  5. Laisse vide. La tentation est de trop remplir. Les cases vides sont une invitation.

Un exemple : l’agenda et la route

Deux feuilles de paperboard côte à côte : à gauche un agenda en dix étapes numérotées sur des flèches jaunes, à droite une route qui monte vers un soleil, avec des mots écrits le long du chemin et au-dessus de l’horizon

Ce panneau ouvre une journée de travail. Il s’inspire du modèle OARRs de David Sibbet : avant de commencer, on montre au groupe les résultats attendus, l’agenda, les rôles et les règles. Tout tient sur deux feuilles, tracées la veille.

À gauche, l’agenda. Dix étapes, numérotées sur des flèches jaunes. Le groupe sait où il en est à tout moment, et tu peux pointer l’étape en cours.

À droite, la route. Une route qui monte vers un soleil. C’est une métaphore, et c’est elle qui récolte tout le reste :

  • Au bout de la route, le soleil : le succès de l’atelier. Ici, « définir notre ligne directrice », « mieux nous connaître », « poser un cadre de fonctionnement ».
  • Le long de la route : les règles du jour. Ici, « parler avec intention », « écouter avec attention », « être focus », « bienveillance et curiosité ».

On fait dire ce qu’on veut à une métaphore. Sur la même route, tu peux demander au groupe :

  • ce qu’on espère trouver à l’arrivée ;
  • ce qu’on veut trouver en chemin ;
  • ce qu’on ne veut pas trouver en chemin ;
  • ce qu’on emporte dans le sac à dos.

Tu traces la route et le soleil à l’avance. Les mots, eux, viennent du groupe : tu les écris pendant qu’il les donne, ou chacun vient coller sa note.

Quatre modèles qui servent partout

Les colonnes

Deux, trois ou quatre colonnes avec un intitulé chacune. Pour comparer, trier ou faire un bilan : ce qu’on garde, ce qu’on arrête, ce qu’on essaie.

La ligne du temps

Une ligne horizontale, des jalons. Pour raconter un projet, préparer un planning ou revenir sur une année. On peut lui donner du relief en la dessinant comme un chemin avec ses montées et ses descentes.

Le centre et les branches

Le sujet au milieu, les idées autour. C’est la structure radiale, la plus facile pour explorer une question ouverte.

Le cycle

Quatre ou cinq étapes reliées en cercle. Pour un processus qui recommence, ou une démarche en plusieurs temps.

Le titre, en dernier et en gros

Le titre se lit depuis le fond de la salle. Écris-le en capitales, dans une bannière, et formule-le comme une question : « Que garde-t-on pour l’an prochain ? » plutôt que « Bilan ».

Une question au mur oriente la discussion mieux que n’importe quelle consigne.

Pendant la réunion

  • Écris les mots des participants, pas les tiens. Ils doivent se reconnaître.
  • Fais des phrases courtes. Trois ou quatre mots par idée.
  • Relis à voix haute avant de passer à la case suivante. C’est là que les malentendus apparaissent.

Après

Photographie la feuille et envoie-la le jour même. C’est le compte rendu, et il est déjà fait.

Reste la question du matériel : ce qui vaut le coup, et ce qui peut attendre.

Écrit par Nicolas Verdot, facilitateur graphique. Publié le 2 octobre 2026.

Les questions qu’on se pose

En bref.

Comment préparer un paperboard avant une réunion ?

On écrit le titre, on trace la structure au crayon, on repasse au marqueur les cases et les intitulés, et on laisse le contenu vide. Le groupe le remplit pendant la réunion.

Qu’est-ce que le modèle OARRs ?

Un modèle de David Sibbet pour ouvrir une séance : on présente les résultats attendus, l’agenda, les rôles et les règles. Sur un paperboard, l’agenda tient d’un côté et une métaphore, une route par exemple, porte le reste.

Quelle structure choisir ?

Celle qui correspond à la question posée : des colonnes pour comparer, une ligne pour une chronologie, un centre et des branches pour explorer, un cycle pour un processus.

Peut-on réutiliser un modèle ?

Oui. Photographie tes modèles vierges : tu les retraceras en quelques minutes la fois suivante.

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