Pourquoi les banques d’icônes ne suffisent pas
On peut télécharger des centaines de pictogrammes en deux clics. Le problème, c’est qu’on ne les retient pas. En réunion, quand il faut dessiner « budget » en trois secondes, ce n’est pas une banque d’images qui répond : c’est ta main.
Un pictogramme n’est utile que si tu sais le tracer sans réfléchir. Et on ne trace sans réfléchir que ce qu’on a tracé souvent.
Étape 1 : lister tes mots
Prends une feuille et note les trente mots qui reviennent dans ton travail. Pas les mots du dessin : les mots de ton métier.
Par exemple, pour quelqu’un qui anime des réunions : objectif, équipe, idée, décision, délai, budget, client, problème, solution, question, risque, étape.
Si tu es formateur, coach, chef de projet ou enseignant, ta liste sera différente. C’est exactement le but.
Étape 2 : un pictogramme par mot
Pour chaque mot, cherche l’image la plus simple. Puis construis-la avec des formes de base.
- Idée : un rond, un petit rectangle dessous. Une ampoule.
- Objectif : trois ronds l’un dans l’autre. Une cible.
- Délai : un rond, deux traits. Une horloge.
- Recherche : un rond, un trait en biais. Une loupe.
- Réussite : un demi-rond sur un pied. Une coupe.
- Étape : un triangle avec un drapeau. Une montagne.

Si un mot résiste, écris-le simplement dans un cadre. Tous les mots n’ont pas besoin d’un dessin.
Étape 3 : simplifier
Reprends chaque pictogramme et enlève un trait. Puis encore un. Arrête-toi quand il n’est plus reconnaissable, et remets le dernier trait.
Tu obtiens la version que tu pourras tracer en trois secondes. Deux astuces lui donnent du relief : varier grand et petit, et ajouter quelques petits traits autour pour l’effet de lumière.
Étape 4 : ranger
Une page par famille : les personnes, le temps, l’argent, les idées, les obstacles. Garde ces pages ensemble, dans un carnet ou un classeur.
Cette planche personnelle est ton aide-mémoire. Avant une réunion importante, tu la relis deux minutes.
Étape 5 : utiliser
Une bibliothèque qu’on n’utilise pas s’oublie. Glisse deux ou trois pictogrammes dans tes notes de chaque jour : un compte rendu, une liste de tâches, un support.
Au bout de quelques semaines, les plus utiles viennent tout seuls. Les autres, tu peux les laisser tomber.
Cet article ferme le chapitre 2. Le suivant fait le pas que beaucoup redoutent : passer du carnet au paperboard.
Écrit par Nicolas Verdot, facilitateur graphique. Publié le 2 octobre 2026.